Compte rendu d’opérations effectuées les 6 et 7 octobre 2012 CDS77/O.N.F.

-  Dépollution, désensablage et sécurisation sommaire de la Caverne des Brigands

-  Accueil, balisage, guidage du public, exposition commentée

Fontainebleau-forêt.  Secteur  Barbizon  Carrefour du Bas-Bréau

Denecourt-Collinet  N°6, parcelle 713  IGN  1/25000 : 2417 OT X : 621,72  Y : 82  Z : 132 m

On peut considérer, de façon arbitraire, la cavité selon  6 espaces, A : grand accès en galerie, B : Salle des puits de lumière  C : salle des radicelles,  D : Tunnel et Galerie blanche,  E : boyau et vestibule  F : petit accès en escalier

1) La séquence de dépollution a été menée par deux personnes en une heure, la cavité étant très peu encombrée, une opération de nettoyage ayant été discrètement menée en décembre 2011, et une certaine prise de conscience du tout public semblant se développer. Vingt litres de déchets ont été éliminés, essentiellement bouteilles de plastiques, godets de bougies chauffe-plats, menus emballages alimentaires, capsules. Très peu de tessons de verre.

Il reste à éliminer les « bombages » de diverses couleurs, qui, outre leur inesthétisme, poussent d’autres « graffeurs » et « tagueurs » potentiels à produire des inscriptions indésirables. De même, afin de ne pas inciter l’allumage de feux, serait-il judicieux de débarrasser la caverne des nombreux morceaux de bois mort qui parsèment les parties basses latérales. Retirer les inscriptions gravées serait une gageure, et, de plus, serait peut-être pire que le mal déjà fait…

2) La séquence de désensablage a été menée en 7 heures par six personnes.  Elle a permis d’éliminer environ 2 m3 de sable de l’escalier et du vestibule du petit accès, et 1 m3 du boyau qui fait suite. Le premier volume a été répandu en deux zones fortement érodées au sommet des descentes  « Est » de la platière. Le second volume a été utilisé en remblai dissuasif de creusement sauvage, en fond de galerie « blanche ». Ce travail a mis au jour dix blocs de grès taillé de dimensions variables, dont 6 ont été utilisés pour former un blocage partiel du sable en palier inférieur et 4 pour reformer provisoirement deux degrés de l’escalier dont les 4 plus bas ont d’ailleurs été remis au jour.

Il n’a pas été possible d’achever ce travail pour cause de fréquentation élevée par les visiteurs, à qui la priorité a été donnée. Il reste en effet deux blocs de grès enchâssés dans le boyau, peu gênants cependant, une couche de 5 cm de sable humifère dans le boyau, et un nivellement sur trois mètres dans la galerie blanche.

Actuellement, la hauteur moyenne du boyau est passée de 20 cm à environ 50/60 cm, la largeur supérieure de 70 à 100 cm à l’origine ayant été strictement respectée, la largeur inférieure néo-creusée étant de 60 cm environ.  La section actuelle permet le passage de toute personne adulte même de forte corpulence, dans les deux sens de progression.

L’origine des blocs retrouvés dans le boyau est très probablement une dégradation partielle de l’escalier d’accès et un démantèlement d’un muret de retenue du talus sableux du vestibule. Les blocs auront été poussés à l’intérieur du boyau à des fins d’obstruction partielle ou totale au cours du siècle dernier, pour des motifs inconnus  mais aisément imaginables.

Il y a cependant une autre hypothèse : le basculement d’une rangée de blocs qui auraient été initialement disposés sur le côté pour former une retenue du sable du flanc gauche en sortant…ce qui expliquerait leur alignement. (?)

L’origine du monceau de sable est triple : A) Éboulement et transport pluvial des talus latéraux de l’escalier d’accès d’origine à l’extérieur, les cartes postales anciennes l’attestant. B) Effondrement progressif du talus du vestibule du fait de l’assèchement de surface répété, et des milliers de passages de visiteurs ; C)Eboulement d’une des parois du boyau qui s’élargit de plus en plus dans sa partie supérieure et se comble d’autant dans la partie inférieure.

Il convient de noter que l’actuel sol de la caverne est nettement au-dessus de ce qu’il fut. Des degrés d’escalier d’entrée sont actuellement sous le niveau du sable en place, et, dans le boyau, le creusement a été pour le moment arrêté à une couche de sable très humifère (sombre et compact) qui ne peut que provenir de l’extérieur et donc constitue la preuve d’un  apport postérieur au creusement historique, lequel allait bien plus profond.

Outre l’apport par charriage pluvial, et celui des éboulements lents et progressifs des flancs, déjà évoqués, il est notoire que les deux creusements de galeries ont créé d’importants déblais qui ont tout simplement été refoulés dans les salles historiques.

3)La séquence de sécurisation sommaire a été menée en trois heures par trois personnes. Elle a consisté à rouvrir un des puits de lumière d’origine, à désensabler grossièrement le tunnel d’accès à la galerie blanche , à ériger trois murettes de retenue de sable, à niveler partiellement le sol de la galerie blanche pour réduire le ré-ensablement du boyau par le fait des visiteurs, à nettoyer les escaliers et restaurer provisoirement deux marches manquantes.

Il reste à finir ces travaux correctement, et nettoyant davantage le tunnel, en renforçant les murettes et en dressant un muret plus conséquent en retenue du remblai récent au fond de la galerie, en achevant le nivellement du sable de la fin de galerie vers le boyau.

A l’issue du tunnel d’accès à la galerie blanche, se trouve un bloc d’1 tonne environ, descendu de la dalle plafonnière, suite à un surcreusement sauvage. Ce mouvement remonte au siècle précédent, mais témoigne du danger qu’il peut y avoir à fouir le sable sous les grès, les dalles pouvant être fracturées sans que ce soit forcément décelable à première vue.

4) L’accueil et les renseignements divers au public ont été assurés sous un stand amovible par deux personnes durant deux fois 7 heures, et plus de 500 personnes s’y sont présentées, par simple curiosité ou par intérêt prononcé pour l’action et ses objectifs. Des documents propres à l’activité FFS ou relatifs à la caverne ont été délivrés à cette occasion.  Les panneaux thématiques permanents implantés à proximité du stand ont été exploités en conséquence.

5) La séquence de sur-balisage a été réalisée par deux personnes en 1 heure, par accrochage de plaquettes de chêne massif numérotées JNSC éventuellement fléchées à l’aide de ficelle de sisal, à raison d’une tous les 15 mètres environ. Le choix des matériaux est tel qu’en cas de perte, d’oubli, ou de rejet dans la nature par des passants « farceurs », l’impact négatif sur l’environnement est quasiment nul. Ces plaquettes outre un guidage supplémentaire permettaient en plus de se situer par rapport à l’objectif entre les repères 1 et 40.

6) Si le guidage du public était donc passif, celui des visiteurs dans la caverne était assuré par des spéléologues, à raison de deux en permanence durant 2 fois 7h. Divers renseignements d’ordre historique, naturaliste ou technique y étaient largement dispensés, conseils de protection et de progression, la caverne étant de plus éclairée en permanence par 18 casques à lampes à leds, répartis au long du cheminement. Le choix de ce type d’éclairage, plutôt que les bougies traditionnelles qui offrent pourtant une lumière plus agréable, plus chaleureuse et plus vivante, a été mené en considération des risques d’inflammation de vêtements de visiteurs ou de brûlure directe de ces derniers dont nombre de jeunes enfants, de la problématique de l’extinction accidentelle ou espiègle des flammes, mais aussi de l’enfumage de l’atmosphère et de la pollution carbonée des roches.

Plus de 400 personnes auront pénétré la caverne avec guidage, et les trois quarts auront tenté la traversée. Quelques dizaines l’ont visitée de façon totalement libre et autonome profitant utilement de l’éclairage en place. Une trentaine de personnes aura refait le parcours une, deux, voire trois fois de suite, pour le seul plaisir. De très nombreuses photos ont été prises à cette occasion, essentiellement à l’aide de téléphones. Le public a manifesté un vif intérêt à la quasi-unanimité. Parmi les visiteurs ayant tenté la traversée, pratiquement personne n’a renoncé en cours de route, deux petits « blocages » ont été exprimés et très vite dominés. Des personnes d’une certaine corpulence se sont courageusement engagées, et n’ont eu aucune difficulté à franchir les passages restant encore les plus étroits, la plus petite section de conduit étant actuellement de 50 cm X 60 cm environ.

7) L’exposition  permanente réalisée sur le terrain par deux fois deux personnes en une heure et longuement documentée et préparée plusieurs semaines auparavant, se déclinait en deux thèmes : l’exposition au carrefour du Bas–Bréau traitait de l’activité spéléologique en général, et des actions locales, notamment la réalisation d’un inventaire fiché des cavités de la forêt, en cours de réalisation, et partiellement accessible au public. L’exposition autour de la caverne traitait de cette dernière et de quelques histoires liées à son existence, notamment celle du meurtre de Janine Keller par Eugen Weidmann en 1937 ainsi que ses prolongements…

Elle présentait aussi quelques reproductions de cartes postales anciennes permettant d’apprécier l’évolution du site, notamment les conséquences de l’érosion et/ou de la surfréquentation humaine.

Conclusion provisoire :

Cette double opération conforte le partenariat cordial et constructif avec l’ONF.

Elle a été un succès technique, même si tout n’a pas été mené tout à fait à terme et suppose quelques heures de travail encore pour y parvenir.

Elle a été un véritable succès quant à la découverte du site par les promeneurs, et quant à la démarche didactique de sensibilisation du public à la richesse et à la vulnérabilité du patrimoine local.

Elle a été fructueuse quant à la (re)valorisation du site.

Elle a permis une nouvelle fois une action coordonnée réussie par le CDS, et la fédération concrète des clubs locaux, dont les membres évoluent en synergie et tout en sympathie.

Elle s’inscrit absolument dans la démarche sportive et les valeurs humaines, citoyennes et environnementales défendues par la FFS.

L’ensemble des participants s’est déclaré satisfait.

J’adresse un grand merci à tous ceux qui ont participé au succès de cette manifestation (Jacky, Bernard, Jean-Marc, Pascal, Max, Thierry et Hélène) et les visiteurs qui l’ont honoré de leur présence

Cordialement

Jean-Pierre HOLVOET, Président du CDS 77

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